Ma bague d’O

C’est le 11 décembre 2009, alors que nous nous promenions dans une boutique à saveur BDSM, qu’Asdrubael m’appelle, m’arrachant à la contemplation de je ne sais plus quoi.

Je le rejoins afin de m’enquérir de ce qu’il souhaite et il me montre une vitrine.

A l’intérieur des bagues d’O.

Je me penche afin de regarder un peu mieux qu’Asdrubael a déjà hélé un vendeur pour qu’il ouvre la vitrine, et je dois ôter mes gants afin d’essayer ce qu’on me présente car, non, je ne connais pas mon tour de doigt, l’annulaire droit fait les essayages.

La première bague en métal argentée ne me va pas, qu’à cela ne tienne, Asdrubael insiste et dans celles en argent, une me va.

Je secoue la main, elle se décale un peu mais ne s’échappe pas.

Je l’enlève, le vendeur interroge Asdrubael parce que de l’une à l’autre ce n’est pas le même prix. Il répond que ça n’a pas d’importance.

Sur l’instant, je n’ai pas trop réalisé ce qui se passait… Comme si ce qui avait été acheté sous mon nez, à ma taille, ne me concernait pas.

D’ailleurs à la caisse, je me laisse distraire par une paire de gants qu’Asdrubael ne me laissera pas payer, malgré leur coût modique.

Moralité?

J’ignore le prix de la bague d’O qu’il m’a offerte mais c’est entre les rayons et la sortie qu’Asdrubael m’a faite me retourner, la bague dans la main.

-« Quelle main? » je demande…

Ce sera la droite.

Je la tends et il me la met donc à l’annulaire droit. S’en est suivi un baiser puis, un remerciement de ma part…

Un collier tel que le mien ne peux se porter au quotidien, cette bague, je dois la porter tout le temps, c’est ce que j’ai accepté.

Je me souviens de la remarque de ma Nanny, comme quoi Asdrubael aurait pu choisir un autre endroit, un autre moment qu’entre les rayons et la porte d’une boutique…

Ça n’avait aucune importance le lieu, le moment parce qu’à ce moment là, il n’y avait plus que nous deux, dans un espace indéfinissable.

Je n’aurais pas voulu d’une remise de bague au restaurant, ou lors d’une soirée… Ce moment nous l’avons vécu l’un tout près de l’autre et c’était bien.

Asdrubael n’avait pas prémédité son geste, c’était une envie, un désir à assouvissement immédiat et j’aime ses impulsions. On pourrait dire en effet que cela manque de formes mais… Pour moi c’est pas ça qui compte.

Je n’ai jamais porté de bague plus d’une soirée pour agrémenter une tenue…

Personne ne m’en a jamais offert et je n’en n’ai jamais achetée qu’une que je n’ai mise que quelques heures.

L’accepter c’était valider une étape et enfoncer le clou de manière inédite.

Cependant j’ai eu énormément de mal à m’y faire…

Lorsque l’on vous sert la main, c’est douloureux, lorsque l’on tient un stylo, il y a une pression, c’est gênant.

Le petit anneau est mobile et fait un petit bruit métallique lorsque j’agite la main.

Le support de l’anneau mobile, la petite boule, ne m’a jamais blessée mais j’ai rapidement saisi qu’on pouvait, en faisant pivoter la bague, s’en servir lors de caresses dans un jeu de température et de sensations.

Aujourd’hui, je la fais glisser sur mon doigt lorsque je suis nerveuse.

Si je dois l’enlever pour quelque chose de particulièrement salissant, elle me manque et j’ai peur de ne pas me souvenir où je l’ai posée.

Mais, je n’arrive pas à l’oublier… J’ignore si c’est tout à fait habituel.

Porter une bague est vraiment une curieuse sensation!

La bague d’O est censée être une réplique de celle décrite dans le roman de Pauline de Réage: « Histoire d’O ». La bague d’O est en fer et symbolise pour ceux qui la reconnaissent qu’elle est soumise et disponible à tous les usages que ces gens-là voudront bien en faire.

Ce n’est pas le même sens ici, dans notre histoire.

C’est un détournement d’un objet afin de sceller une étape et ne plus revenir en arrière.

Je ne révèlerai pas la signification exacte qui est mentionnée dans notre carnet noir mais, je peux dire que si je viens à rendre ma bague à Asdrubael, il a de quoi s’inquiéter car il n’y a plus de sécurité: si la situation empire c’est ensuite le collier que je rends.

La réciproque peut aussi être possible, s’il me demande de la lui rendre cette bague par exemple…

C’est jouer avec les codes, se les approprier pour se créer son cheminement, son histoire…

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