Le sado-masochisme

icone-smJe ne pense pas que pour aborder cette notion il soit possible de dissocier le sadisme du masochisme, ça pourra l’être ultérieurement ceci dit!

Ou tout simplement que je n’ai pas envie de séparer ce duo infernalement complémentaire puisque, dans ma/notre pratique, nous fonctionnons aussi en nous complétant.

Ce serait dans la petite enfance ou l’enfance que se développeraient ces penchants: le sadique parce qu’il refuse et le masochiste parce qu’il accepte. De fait, le sadique domine tandis que le masochiste se soumet.

Il peut exister naturellement les deux aspects chez une même personne, ce qui est mon cas; en fonction de qui se trouve en face de moi, je vais adopter un comportement ou l’autre. Ce n’est pas « ne pas savoir choisir » mais « s’adapter ». Cependant, le masochisme reste la tendance la plus évidente chez moi.

Le but d’une relation sado-masochiste ou SM est la recherche du plaisir lié à la douleur morale ou physique.

Il y a les instruments qui infligent la sensation douloureuse: gifles, fouets, contraintes, etc… Et l’humiliation: des mots, des ordres, des postures, etc…

Peut-on ensuite réellement expliciter l’excitation, le plaisir ressenti lorsque l’on fait souffrir quelqu’un?

Peut-on expliquer l’excitation et le plaisir ressenti chez une personne qui expérimente la douleur?

Dans le premier cas, il est évident que c’est le sentiment de puissance lié à la domination, pouvoir prendre le pas sur autrui, le bien-être inhérent à la maîtrise de l’intensité de la douleur infligée.

Le choix d’alterner entre douceurs et douleurs, varier l’intensité, la fréquence; en fin de compte conduire l’autre à un état larmoyant, l’affranchir de toute honte inhérente à la supplication, aux cris; libérer en somme!

Et c’est toujours éminemment jouissif de libérer, surtout quand il s’agit de son complice de jeux, l’élever en l’aidant… C’est faire preuve il me semble d’un sacré degré de don de soi et d’humanité contrairement à ce qui est généralement dit.

Grandir parce que l’on fait grandir.

Dans le second cas, le mien, ça me paraît plus flou…

Pour certains il s’agirait de pouvoir accéder à une punition salvatrice qui découlerait d’un sentiment de culpabilité conscient ou non.

Pour moi, pour l’instant, il s’agirait de remettre en question tout ce que l’on m’a enseigné de la douleur, remettre en cause son aspect négatif et souvent morbide pour l’explorer objectivement.

C’est, il me semble, une sensation qui est mise au banc car la première réaction est la notion de déplaisir: « ça fait mal ».

Mais au-delà de cela, est-ce que ça ne serait pas comme ces goûts qui sont au début amers et qui ensuite révèlent toutes leurs saveurs?

C’est donc la question que je me pose, si je dépasse la douleur, si mon sadique arrive à me l’apprendre, que vais-je découvrir?

Car là est mon premier challenge, savoir appréhender sans crainte et sans me crisper, la douleur.

Je n’y arrive pas toujours encore… Seulement parfois. je sais que c’est aussi intimement intrinsèque à l’humeur, la fatigue.

Mais ce que j’entrevoie est suffisamment prometteur pour que j’ai envie de repousser les limites de ma tolérance à la douleur.

Je ne saurais décrire exactement cet horizon mais je sais qu’il mène à une pleine conscience et maîtrise de soi, entre les mains d’un autre… Et que ça, c’est quelque chose qui correspond à un idéal pour moi!

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