De l’importance du safe word!

safewordJ’ai déjà fait une définition du Safe Word ici.

Je croyais connaître son importance et j’ai toujours jugé que c’était parfaitement inutile!

Un après-midi, il n’y a pas si longtemps, j’ai été inconsciente et, depuis, en ai pris conscience.

Debout, nue, tournant le dos à mon Sadique qui avait en main son fouet préféré et qui s’amusait à me faire prendre ce que j’appellerai « un retour de flammes »; les lanières contournant le corps et les extrémités devenant cinglantes sur le devant du corps.

Ce n’était pas désagréable en soi, Asdrubael variait l’intensité et la localisation des coups et moi j’exhalais à peine un râle profond et sourd.

Petit à petit la douleur s’est faite lancinante et je sentais que je n’allais pas tarder à demander grâce ou du moins une pause… Jusqu’à que passe en un éclair une idée parfaitement stupide: ne rien dire et endurer la suite.

J’ai ressenti le coup, celui que je pouvais encore supporter et la perspective du suivant que je savais ne pas pouvoir endurer et, je n’ai rien dit!

Le temps s’est étiré et cet instant où dans ma tête j’ai décidé de moi-même, sans qu’on me l’ait demandé, de me dépasser s’est imposé. Il était hors de question que je fasse arrêter mon Maître, j’accepterai cette douleur croissante et je m’en enorgueillirais!

Le coup supposé insupportable, et donc à dépasser, arriva sur mon sein droit. Subitement, j’ai crié, éclaté en sanglots et je me suis effondrée à terre.

J’ai pleuré comme jamais je n’avais pleuré auparavant, autant par la douleur physique que par l’échec moral que je m’étais infligée.

D’un regard embué de larmes, j’ai lu l’inquiétude dans les yeux d’Asdrubael qui s’était empressé de me rejoindre, de s’enquérir de mon état.

Je ne me souviens plus comment je me suis retrouvée allongée contre lui dans un lit, mais la manière dont il me traitait me rassurait.

Malgré tout, je ne voulais pas quelque chose de froid, je ne voulais pas me faire examiner, je refusais tout ce qu’il proposait alors, il a concédé le fait d’attendre que la douleur se dissipe, ce qui n’arriva en fait pas avant le lendemain.

Une fois mon corset remis en place, je ne sentais plus la douleur et c’est le lendemain que j’ai pu constater un bleu à l’emplacement même de cette si vive douleur.

Mais au-delà ce cela, par orgueil, je nous ai fait vivre une expérience négative, quelque chose dont nous n’avions pas besoin.

Alors que si j’avais dit quelque chose, mon safe word, nous n’en serions pas arrivés là.

Je prends donc conscience de l’intérêt de ce mot, l’intérêt de respecter ses limites, le fait que ce n’est pas à moi de décider de les dépasser ou non…

Je m’en veux, c’est certain…

Un tel comportement est à proscrire mais il fallait bien le vivre pour que je m’en rende compte.

Ce n’est pas tant la douleur ou les larmes mais le souvenir de la détresse dans les yeux de mon Complice qui me sert autant de punition que de rappel; son inquiétude a été à la hauteur de ma stupidité et je crois que j’ai compris que si je n’arrive pas à faire les choses dans mon intérêt, ce sera dans le sien.

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